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Le Prêteur et sa femme, Quentin Metsys (1466-1530) - Musée du Louvre Paris.
Le prêteur sur gages, Marinus van Reymerswael.
Théophraste Renaudot (1586-1653), portrait tiré de la Gazette du 13 mai 1632 - Bibliothèque nationale.
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Sommaire > Le crédit municipal de Toulouse > Histoire

Histoire

1462

Au XVe siècle, la lutte contre l'usure est à l'origine de la création du Mont de Piété. Les Franciscains le définissent comme établissement de bienfaisance. Ces banques de charité sont une aide précieuse pour la population qui peut enfin emprunter à des taux modérés en contrepartie du dépôt d'objets de toute nature.

Le premier Mont de Piété est créé à Pérouse, en Italie, par Barnabé de Terni en 1462. Moine récollet, il vient prêcher contre les usuriers et propose d'organiser une quête dont le capital serait destiné à former une banque charitable. Ainsi fût ouvert le premier "Monte di pietà". Ceux qui manquent d'argent pour leur subsistance journalière peuvent ainsi trouver à emprunter sans intérêt des petites sommes d'argent en donnant un gage pour la sûreté du prêt. Les projets des moines récollets ont un grand succès en Italie.


1577

Après l'Italie, les Monts de Piété s'étendent au reste du Vieux Continent. En France, le premier établissement est ouvert en Avignon, alors domaine pontifical. Le Concile de Latran approuva formellement ces institutions sous réserve qu'elles n'exigent d'intérêts que pour couvrir les frais d'administration. L'histoire des premiers Monts de Piété est donc liée à la papauté.


1637

À l'initiative de Théophraste Renaudot (1586-1653), médecin plus connu comme fondateur de la Gazette, est créé l'établissement de prêts sur gages de Paris dénommé "Bureau de ventes à grâces, trocs et rachats". Cependant l'opposition des usuriers qui prêtaient au taux mensuel de 10 %, de la Faculté de médecine et du Parlement de Paris rendit malheureuse cette première expérience.


1643

Louis XIV autorise 58 villes à établir des Monts de Piété. La caisse de Marseille, fondée en 1696 et qui existe toujours aujourd'hui, est ainsi l'établissement le plus ancien du réseau. La caisse de Lille, fondée en 1610 grâce à la fondation Masurel, n'a pas toujours fait partie du territoire français, selon les vicissitudes des guerres. D'autres caisses virent le jour dans les années suivantes : Apt, Tarascon, Brignoles, Angers, Montpellier.

Quant au Mont de Piété de Paris, il fût définitivement institué par lettres patentes de 1777 par Louis XVI. Tous les Monts de Piété durent fermer après 1789. Ils réapparurent sous l'impulsion notamment de Napoléon 1er, Louis XVIII et Charles X. Ils étaient à cette époque liés pour la plupart aux hospices et pour certains à une Caisse d'épargne qui leur était subordonnée et assurait le financement de leurs prêts.


1804

Le 26 Pluviôse an XII (16 février 1804), une loi donne le monopole du prêt sur gages aux Monts de Piété.


1867

Le décret impérial du 14 décembre 1867 porte création du Mont de Piété de la ville de Toulouse.


1918

Les Monts de Piété changent d'appellation. Ils se nomment désormais "Caisses de Crédit Municipal". En outre, ils étendent leur activité aux comptes de dépôts à vue.


1954

La loi du 11 juin autorise les Caisses de Crédit Municipal à consentir des prêts aux fonctionnaires et assimilés. Le décret du 20 mai 1955 leur reconnaît enfin le statut d'établissement public d'aide sociale.


1984

La loi du 24 janvier intègre les Caisses de Crédit Municipal dans le système bancaire et leur confère le statut d'établissement de crédit. Elle transcrit en droit interne français les prescriptions de la première directive européenne du 7 décembre 1977 sur la coordination des législations bancaires. Elle assure aussi l'homogénéisation d'un système bancaire par trop hétérogène. Dans la foulée, un décret du 8 octobre 1984 crée l'Union Centrale des Caisses de Crédit Municipal (UCCCM).


1987

Une société financière est créée, la Caisse Centrale de Crédit Municipal, dite "Griffin", société anonyme au capital de 10 millions de francs. Par son intermédiaire, les Caisses accèdent aux marchés obligataire et interbancaire. Deux sociétés de moyens complètent le réseau. Une compagnie d'assurances, dénommée "Assurances du Griffon (ADG)" et créée en 1988, conçoit et délivre aux particuliers et aux entreprises des produits d'assurances, de placement et de retraite, ainsi qu'une assurance-crédit emprunteur couvrant les risques décès et incapacité temporaire.

Les Caisses élargissent aussi le champ de leurs compétences en terme de clientèle. Selon la loi du 13 septembre 1987 et le décret du 8 février 1989, elles peuvent accorder des prêts à des collectivités locales, des établissements publics, des SEM, des OPHLM et des associations de la loi de 1901, sous réserve de choisir un statut d'Etablissement Public Industriel et Commercial (EPIC).


1988

Mise en place d'une normalisation entre comptabilité publique et comptabilité bancaire.


1992

La loi du 15 juillet confirme les caisses dans leur statut d'Etablissement public communal de crédit et d'aide sociale.


2008

Le décret du 19 décembre confirme le monopole de droit public des Caisses de Crédit Municipal en matière de prêt sur gages.